Tout est une question de dosage
Avec n’importe quel produit, on peut obtenir un effet complètement différent suivant la quantité. L’eau si vitale à boire, deviendrait néfaste s’il fallait en boire dix litres par jour. La vaccination repose sur le principe du poison qui guérit à très faible dose, comme l’homéopathie.
“Je suis un homme et rien de ce qui est humain ne m’est étranger.” disait Térence. Si ce principe est vrai cela signifie que nous sommes tous pareils, frères et sœurs et que toutes les caractéristiques d’un humain sont présentes en nous, en moi. J’ai de tout en moi, je suis de tout.
Quand je me rends compte de ça, je ne peux plus dire c’est un être violent, lâche, inconscient. Je peux seulement dire c’est une être qui a plus de violence que moi, qui est plus lâche que moi, qui est plus inconscient en moi. Je ne peux pas mettre une étiquette “défaut” sur l’autre sans la mettre aussi sur moi.
Je ne peux plus dire à ma/mon partenaire tu es ceci ou cela, qui serait une condamnation, un jugement. Alors que je suis simplement pareil, peut-être à un autre niveau, peut-être dans d’autres contextes. Je ne suis pas supérieur, juste un autre dosage.
Quand on juge son partenaire, on s’adresse à lui en étant en position haute. “Tu es ceci, tu es cela” Quoiqu’il en soit c’est une critique, même constructive, cela reste une critique. Il y a une forme de violence si on n’accepte pas cette caractéristique. Par la pensée, on refuse cet être réel et on voudrait y mettre un être imaginaire idéalisé à la place. Dans notre espace mental, c’est l’annihilation du premier. C’est un meurtre en pensée.
J’ai souvent fait cela et je le fais encore. Remplacer mentalement un être du monde réel par un être du monde imaginaire, avec les qualités que je voulais, en me disant que ma vie serait bien meilleure. Par la pensée, je dis au personnage réel qu’il doit suivre l’exemple de son double que j’ai imaginé.
Et jusqu’à présent, c’est réellement une excellente méthode qui donne de très bons résultats quand on veut ressentir de la colère et de la frustration.
Quand je vois que je fais la même chose que la personne que je critique, que je suis pareil par nature et que la seule différence c’est le dosage, mon orgueil en prend un coup, mais mon cœur s’apaise et s’allège.