Pour progresser il faut renoncer

C’est très clair dans le sport en particulier mais c’est aussi vrai dans des domaines artistiques : il y a deux temporalités. Le court terme et le long terme.

Le court terme, c’est la performance. C’est faire de son mieux dans l’instant présent. C’est le match de championnat. C’est le grand marathon. C’est la représentation à l’opéra. C’est le spectacle de fin d’année. On donne tout ce qu’on a. On fait son maximum et on reçoit aussi le maximum.

Le long terme, c’est l’entraînement. On cherche à s’améliorer. On essaie de nouvelles techniques en assumant le risque que ça marche moins bien. On peaufine telle approche, on envisage un geste différent, on explore d’autres possibilités, on corrige un défaut. Ce n’est pas grave de se louper parce qu’on sait qu’à la longue on deviendra meilleur.

Et les deux sont inconciliables. Soit on veut que ce soit parfait avec ce qui est disponible comme compétences, comme capacités physiques, psychologiques ou artistiques, en cherchant la perfection et en minimisant le risque. Soit on accepte de prendre des risques et on cherche à s’améliorer au fil de la pratique.

Et dans la sexualité c’est pareil.

Soit on a envie d’atteindre l’orgasme merveilleux et le plaisir ultime cette fois-ci. On se met la pression. On a envie que ça marche. Parce que c’est le début de la relation, parce qu’on est en manque, parce qu’on est dans une routine, parce qu’on veut être un bon amant voire un amant parfait, parce que…

Soit on accepte de ne pas être parfait. On accepte d’être en chemin. On fait des choses inconfortables parce que c’est la première fois. On s’autorise à ce que cela ne soit pas génial parce qu’il n’y a pas d’enjeux. Il n’y a rien à réussir et surtout rien à échouer. C’est juste une belle expérience légère et joyeuse. Comme une balade en forêt.