Les 3 niveaux du conflit ou plus jamais de conflit - le plus essentiel de tous mes textes
Bonjour mes amis, voici la plus belle révélation que j’ai eue. Dans le principe, rien de nouveau, ça a été dit en long et en large dans différentes traditions spirituelles, par de grands maîtres. La nouveauté, c’est que je commence à l’intégrer et j’ai trouvé une description qui pourra vraiment aider plusieurs d’entre vous. En tout cas, je l’espère de tout coeur.
Le premier niveau : il y a un pommier.
C’est le conflit classique, le conflit de territoire. Je suis fan des émissions animalières et on y voit les conflits. En période de reproduction, les mâles se battent pour avoir la possibilité de se reproduire. Les animaux se battent aussi pour défendre le territoire sur lequel ils s’alimentent et/ou se reproduisent. Finalement, ils se battent pour protéger leur vie immédiate (manger et ne pas se faire manger), protéger leur nourriture ou protéger leur possibilité de se reproduire.
Si on prend du recul, il y a conflit quand il y a une richesse, plutôt rare, que plusieurs individus désirent. C’est de la nourriture, une ressource énergétique, un territoire au moyen-orient, des votes à une élection, la gloire, la reconnaissance … le sentiment d’avoir raison. Même dans une relation, quand je suis en conflit avec une personne, quand je me dispute c’est pour avoir raison. Ce “avoir raison” est unique entre l’autre et moi. Soit je l’obtiens et j’ai “raison”, soit il obtient et il a “raison”.
Tout conflit, surtout les conflits psychologiques découle de la perception de la rareté d’avoir “raison”. Qui représente en fait la rareté de la “vérité”. Soit j’ai la “vérité”, soit c’est l’autre qui a la “vérité”. Et j’ai besoin de cette “vérité” pour me sentir en sécurité. Le besoin de sécurité est un besoin primaire au même titre que le besoin de se nourrir ou de respirer.
Au final, le conflit manifesté c’est un pommier entre l’autre et moi. Toutes les pommes que j’aurai de cet arbre seront des pommes en moins pour mon interlocuteur. Nous nous battons pour ces pommes. Je me bats contre toi pour avoir le plus de pommes, pour avoir le plus “raison” possible.
Le deuxième niveau : il y a deux pommiers.
Je te vois 10 pommes sur l’arbre. Tu vois 10 pommes sur l’arbre. Tu vois les feuilles bouger avec le vent. Je vois les feuilles bouger avec le vent. Je vois un oiseau se poser sur une branche. Tu vois un oiseau se poser sur la branche. Tu vois une pomme pourrie avec des moucherons. Je vois une pomme pourrie avec des moucherons. Je te dis qu’il y a une pomme rouge. Tu me dis qu’il y a une pomme rouge. Tu me dis qu’il y a une feuille jaune. Je te dis qu’il y a une feuille jaune. Je te dis qu’il y a un papillon sur cette feuille jaune.
Tu me dis, non c’est une coccinelle. Là le conflit commence. Tu vas mieux regarder, et me dire que c’est bien une coccinelle. Je regarde mieux, et je te confirme que c’est un papillon. C’est le conflit. C’est la dispute. Coccinelle ou papillon ? Papillon ou pas papillon ? Amour ou pas amour ? C’est une coccinelle ! Non, une coccinelle c’est autre chose, ça c’est un papillon. Ce que j’ai pour toi c’est de l’amour. Non, l’amour c’est autre chose. C’est du respect ! Non, tu ne me respecte pas !
En réalité, il y a deux pommiers. Ils ont le même nombre de pommes, le même nombre de feuilles vertes, de feuilles jaunes. Le vent souffle en même temps sur ces deux pommiers alors quand je parle avec toi, nous avons l’impression que c’est le même arbre. Il y a tellement de points communs dans nos descriptions que ça doit être pareil. C’est 99% pareil donc ça doit être pareil, et le 1% de différence c’est toi, ou moi, qui se trompe. Donc, c’est presque 100% et il y a un de nous deux qui se trompe sur le 1% perçu de différent.
Mathématiquement parlant, presque 100% pareil signifie différent. C’est différent. Ce n’est pas le même pommier. Ce sont deux arbres distincts, à des endroits différents de l’espace. Quand je suis au téléphone avec toi et que nous parlons du soleil, nous parlons du même soleil. Quand nous parlons du pommier, nous parlons du pommier qui est devant nous, dans notre jardin. Le fait qu’ils aient beaucoup de ressemblance n’enlève rien au fait qu’il y a deux arbres distincts.
Quand on comprend cela, on arrête de vouloir prouver que c’est bien un papillon et non une coccinelle qui est sur la pomme. On arrête de vouloir prouver que c’est bien de l’amour, de la jalousie, de la trahison, de l’injustice. L’autre ne voit simplement pas la même chose que moi. Il voit autre chose. Comme ce qu’il décrit ressemble tellement à ce que je vois que je crois, je veux croire que c’est la même chose. Non, il est dans son pays et il parle d’autre chose.
Quand je réalise cela profondément, intimement, plus jamais je ne me disputerai avec cet ami. Si je suis en forme et disponible, je lui poserai des questions pour connaître son arbre. Si je suis moins disponible, je ne chercherai pas à savoir comment est son arbre. Mais dans les deux cas, l’idée, l’envie de vouloir lui expliquer qu’il a tort n’aura plus aucun sens. Bienvenue dans un monde sans conflit.
Le troisième niveau : il y a deux étages
Au deuxième niveau, nous avons vu qu’il y avait deux pommiers. Nous nous trouvons sur une même terre. Mon territoire c’est le nord, avec le pommier du nord. L’autre possède son territoire, le sud avec son pommier. Quand je croyais que c’était le même pommier, il y avait une rencontre, un point commun entre nos deux territoires. Donc risque de conflit. Oui, parce qu’un conflit de territoire n’existe que sur les parties communes aux deux parties.
Deux panthères vont se battre parce qu’elles se rencontrent chacune d’elles dit “Ceci est mon territoire. Non, c’est le mien”. S’il y en une au nord, l’autre au sud, elles ne vont pas se disputer. C’est le cas précédent. Mais si chacune d’elle, ou simplement l’une d’elle agrandit suffisamment son territoire, ça va empiéter une partie du territoire de l’autre. Si vous avez le territoire dans le nord et que vous agrandissez votre royaume, il finira obligatoirement à arriver dans le sud.
Il y aura un moment où le pommier que vous avez devant vous sera aussi le pommier devant votre interlocuteur.
Nous arrivons à la dernière révélation. Toi et moi, nous ne vivons pas sur la même terre chacun dans son pays. Nous vivons dans un même immeuble mais sur deux étages différents. Chaque étage est immense avec des jardins, des pommiers, des rivières, des montagnes et des océans. Mais ce sont deux étages différents. Donc non seulement nous croyons que c’était le même étaient des pommiers différents mais en plus nous sommes à des étages différents. Alors quelle différence ?
Si tu étais dans le pays du nord et moi dans le pays du sud, en agrandissant notre territoire respectif, nous aurions nous rencontrer. Nous aurions pu trouver quelque part sur terre, un pommier commun. Mais en étant sur deux étages différents, nous sommes condamnés à ne jamais nous rencontrer. Il n’y aura jamais de pommier commun.
Donc, on passe de conflit à pas de conflit (mais des conflits potentiels) puis à pas de conflits potentiels non plus.
Je suis à mon étage. Tu es ton étage. Nous avons des interactions. Tu es au dessus donc quand tu tapes du pied j’entends quelque chose. Quand je joue du tambour, tu entends quelque chose. Quand il y a une inondation, chez moi il y a quelque chose. Mais jamais la même chose. Quand nous comprenons cela, nous pensons que nous sommes toujours disputés parce que nous croyons être côte à côte. Mais nous ne nous sommes jamais rencontrés, ni à mon étage, ni à ton étage.
Et nous ne nous rencontrerons jamais, nulle part … sauf si nous entrons profondément en nous-même, dans le silence, dans la vacuité … parce que le silence est partout, la vacuité est partout et c’est là que nous pouvons nous retrouver.