Le territoire du mâle Comparaison n’est pas raison mais peut être illustration. il y a le petit poisson bulle, le mâle qui dessine sur le sable au fond de la mer une magnifique rosace cent fois plus grand que lui. Si vous ne le connaissez pas encore je vous invite à faire une recherche internet pour voir à quel point le mâle consacre son énergie et talent à créer un chef d’oeuvre pour séduire la femelle. Chez les mammifères, beaucoup d’espèce fonctionne de manière territoriale où le mâle défend son territoire contre d’autres mâles pour s’accoupler avec les femelles qui viennent sur son domaine. Certains oiseaux construisent un nid très complexes pour attirer une femelle. Maintenant, je crois que ce principe de territoire est un principe qui se transpose aussi dans la sexualité entre Roi et Reine. En tant que Roi, j’ai mon royaume. Avant d’entrer en contact avec ma partenaire j’occupe l’espace. Tout l’espace de la pièce. Simplement par la présence, la concentration, l’attention et la respiration. Il n’est pas question de marquer mon territoire de façon physique mais de manière psychologique et énergétique. Pendant des années, j’ai animé des constellations familiales et animé des formations en entreprise. Entre le début et la fin de la session, j’étais totalement concentré sur ce que je faisais, disais mais aussi sur tout ce qui se passait dans la pièce. Quelqu’un qui murmure à l’autre bout de la pièce, une personne qui pleure, une autre qui sourit, j’étais attentif à tout. On peut dire que rien de ce qui se passait dans la pièce n’échappait à ma perception. Je pouvais laisser faire, je pouvais intervenir, je pouvais observer ou seulement rester vigilant sur telle ou telle personne mais tout ce était sous contrôle. Certains hommes montrent une grande maison, une belle voiture, des habits de luxe ou offrent de cadeaux somptueux. Moi, je m’occupe ou plutôt j’occupe l’espace. J’allume des bougies pour apporter la lumière, je propose la musique pour habiter le son, je brûle de l’encens pour habiter le volume. Il y a toujours un moment pour je prends plusieurs grandes respirations pour revenir à mon corps physique puis j’étends ma conscience et mon énergie à tout l’espace. C’est plus économique et surtout beaucoup plus écologique sans compter que j’ai marqué ainsi l’espace des différentes dimensions, différents sens : la vue, l’ouïe, l’odorat et les vibrations. A FINIR Le goût du silence

La sexualité épanouie est un vaste sujet et je vois beaucoup de formateurs et coachs expliquer toutes les expériences magnifiques et intenses qu’on peut y vivre. Comment c’est génial et combien les orgasmes sont extraordinaires. C’est vrai que je me sens épanoui dans ma sexualité et les expériences sexuelles sont magnifiques, subtiles et puissantes mais le plus important dans ma transformation par rapport à la sexualité n’est pas ce qui est visible, c’est ce qui ne l’est plus : le manque, la frustration, la compulsion, l’agitation.

Comme beaucoup d’hommes, j’avais une vision de la sexualité comme performances. Il fallait faire l’amour tant de fois par semaine, il fallait pratiquer telle et telle technique, il fallait, il fallait … sinon je ne me sentais pas à la hauteur, sinon je ne me sentais pas viril, sinon je ne me sentais pas homme pleinement masculin. A l’époque je croyais qu’une sexualité épanouie c’était une check-list avec des à cocher.

Aujourd’hui, au contraire, je définirai une sexualité épanouie comme l’absence de check-list. Ne plus rien chercher, ne plus rien chercher, ne plus rien attendre, ne plus rien demander et ne plus rien imposer. Tout va bien. Quand il n’y a plus de demande, formelle ou informelle, à ma partenaire ou à la vie, consciente ou inconsciente, alors tout va bien. Il n’y a plus de tension. Il y a l’apaisement. Avant quand je n’avais pas fait l’amour dans la semaine avec ma partenaire c’était la catastrophe.

Les périodes de célibat étaient un poignard qui lacèraient mon estime personnel et m’angoissait. Maintenant, je peux passer plus d’un an sans faire l’amour ce n’est plus un problème. Les relations vécues m’ont tellement nourri profondément que je me sens encore baigné dans le cocoon de notre amour physique. Je me sens heureux dans ma sexualité même si je n’ai pas de partenaire.

Dans cette tranquillité, chaque expérience devient alors intense. Le moindre contact, la plus petite danse avec une inconnue devient une expérience sensuelle merveilleuse.

Un bon repas n’est pas seulement agréable en bouche, il doit aussi nous vivifier, stimuler notre métabolisme. Il s’évalue après le repas, pendant la digestion, lors d’une activité physique pendant les heures voire le jour qui suit. La belle musique nous laisse méditatifs après la dernière note. On dit que le silence après du Mozart est encore du Mozart. C’est une très belle expression. Une expérience belle et nourrissante remplit le vide qui la suit. Le silence après une belle rencontre sexuelle n’est pas vide. Il est dense.

Il emplit l’espace, nous comble de bonheur. C’est une sensation, une impression subtile et délicate, un parfum dans l’air si fin qu’on ne peut pas le décrire, une musique silencieuse dont on ne pourrait pas donner la note.

Il ne suffit pas que la sexualité ait été intense, que l’orgasme ait été grandiose. Ce qui compte c’est combien de temps cela me nourrit et pendant combien d’heures, de jours, de semaines, de mois je reste bercé par la plénitude. Se concentrer sur l’orgasme est une erreur. C’est comme n’écouter que le goût de la nourriture. Ca peut rendre addict. Dans les compulsions alimentaires, je mange, c’est bon mais je sens encore le vide. Je cherche à me remplir par le goût : du salé, du sucré ou du gras. Mais ça ne suffit pas, le vide est toujours là.

On continue à manger alors que l’estomac est plein. Mais la bouche, elle a encore faim. C’est la preuve qu’on a pas été nourri au bon endroit.

Ce qui importe, ce n’est pas que j’ai atteint le septième ciel ou le huitième voire le neuvième. Ce qui m’importe c’est combien de temps je continue à planer après. Il vaut mieux atteindre juste le premier ciel et planer très longtemps que d’arriver au septième ciel pour retomber à pic juste après.

Vraiment, la densité du silence après le partage sexuel, la fragrance qui entoure les deux corps sont précieux. Ceux sont eux qui m’indiquent à quel point nous nous sommes aimés.