Le kanban sexuel
D’après Wikipédia le kaban désigne la méthode de gestion de production en flux tendu employée à la fin des années 1950 dans les usines Toyota et consistant à limiter la production d’un poste en amont d’une chaîne de travail aux besoins exacts du poste en aval. C’est cette approche qui a permis à la firme d’améliorer considérablement sa productivité par rapport aux concurrents. C’est aussi l’approche du stock zéro.
Sur une chaîne de production, on veut que chaque poste ne fabrique que ce dont le poste suivant a besoin. Mais pourquoi on ne l’avait pas fait avant ? Parce que les machines n’étaient pas assez fiables donc on gérait l’incertitude des défaillances. Si une machine tombe en panne et qu’on veut pouvoir continuer à utiliser la machine suivante. Il fallait donc que la première ait produit du stock dans lequel on va puiser pendant la réparation de la première machine. Le stock sert à faire tourner la machine suivante en cas de panne de la première.
Plus les machines tombaient en panne, plus on devait avoir de stock pour palier au problème. Avec l’approche du kanban, on a décidé de faire la chasse aux pannes. Un ouvrier pouvait arrêter toute la chaîne de production parce qu’il avait détecté une anomalie. Toutes les forces vives devaient alors régler le problème au plus vite.
C’était un gros investissement en temps et argent, un changement d’habitude dans les comportements et au final ça s’est avéré très efficace pour toutes les usines du constructeur. Cela a aussi un état totalement différent chez les employés. La satisfaction du travail bien fait. La fierté du devoir accompli.
Mais quel rapport avec la sexualité ? C’est une excellente analogie avec la gestion du désir et de l’excitation. La promesse de beaucoup d’objets sexuels, de la lingerie, des pilules bleues, des implants mammaires est d’augmenter le désir et le plaisir. Au lieu de chercher à localiser chaque problème pour le résoudre, comme on le fait avec le kanban, on nous propose d’acheter, de compenser le problème en achetant, comme les stocks de réserve. C’est aussi une compensation que d’être dans des jeux de rôles pour attiser le désir sexuel.
Évidemment que chercher les causes d’un problème d’érection et les régler est beaucoup plus difficile et long que de prendre une pilule. Mais au final, c’est plus gratifiant de résoudre les problèmes parce que ça fait grandir en tant qu’humain. C’est plus de confiance, plus d’estime de soi donc plus d’ouverture et d’écoute envers l’autre. J’ai un ami assez jeune qui a eu une première fois un problème d’érection. Il a pris des pilules et c’était super. Puis une autre fois aussi et encore une.
Mais maintenant, il ne sait même pas s’il peut avoir une érection sans médicament donc il continue. C’est devenu un cercle vicieux : plus de médicaments, c’est moins de confiance. Moins de confiance, c’est plus de stress. Moins de stress c’est plus de médicaments.
Personnellement, j’ai eu aussi un gros problème sexuel. On peut dire que c’est ce qui a motivé la première partie de mon parcours dans le développement personnel. Dans la deuxième moitié, ce n’était plus une motivation mais ma sexualité s’est encore plus approfondie. Tous les stages que j’ai suivis, toutes les séances de psychothérapie pour vivre une sexualité plus harmonieuse n’ont pas seulement changé ma sexualité mais ma vie toute entière. On pourrait résumer par “Bien dans la peau alors bien dans sa sexualité”.
Et réciproquement : Pas bien dans sa sexualité alors pas bien dans sa peau. Y compris pour les personnes qui ont choisi une sexualité dans l’abstinence et qui la vivent bien.
Voici une clé importante dans le désir que j’ai découvert. De ce que j’ai pu observer, si un homme et une femme sont entrain de faire l’amour et que tout à coup le désir s’arrête sans cause apparente. C’est un problème d’authenticité. De même si les deux ont envie, sont en bonne santé mais que le désir ne vient pas. Au lieu de chercher à retrouver l’excitation par de la stimulation manuelle, orale ou autre, il peut être plus judicieux de s’arrêter et de se demander s’il n’y a pas un non dit chez l’un des deux. Un mensonge par omission.
Un truc pas net. Ce n’est pas forcément volontaire, ça peut être vraiment involontaire. Expérience personnelle. Parce que l’aphrodisiaque le plus fort après l’Amour c’est la Vérité.
Au lieu de chercher à stimuler un désir insuffisant, on peut essayer d’éliminer ce qui empêche le désir de se révéler.