L’amant glouton vs l’amant gourmet
Deux indicateurs qui montrent que votre amant est en stress dans sa sexualité.
Premièrement, votre amant ne sourit jamais pendant une érection.
Comportement type : “Ah je suis excité, je bande il faut que je te pénètre dès que tu es prête”. Vous voyez sur son visage un air grave, sérieux. Bah non ! Avoir une érection c’est cool. On peut simplement écouter la sensation sans paniquer, sans rien faire pour. Pourquoi est-ce qu’on doit absolument faire quelque chose parce qu’on a une érection ? On peut simplement faire des choses avec une érection. Être tranquille, danser, l’offrir à sa partenaire pour qu’elle en profite, la savoure et pas forcément en coït.
Il n’y a rien de grave dans la sexualité.
Deuxièmement, votre amant fait un sprint jusqu’à l’éjaculation.
Dès qu’il peut pénétrer, il est content et commence à courir. Au pire, il court vers sa jouissance, au mieux il court vers votre jouissance aussi mais dans les deux cas il court. Dans un sprint, le corps est tendu et en mode anaérobie (capable de se faire sans air). Il est presque en apnée. Dans le sport, une façon de différencier entre une activité aérobie (qui se fait avec l’air) et une activité anaérobie c’est la capacité de parler pendant l’exercice ou non. Donc s’il ne parle jamais, probablement c’est qu’il est en mode anaérobie.
Alors peut-être pas physiquement, mais psychologiquement. Il fait son sprint dans sa tête. Il n’y a rien d’urgent dans la sexualité.
Je me moque de votre amant gentillement parce que j’étais comme ça avant … même pire.
au final, il se comporte dans la sexualité comme un glouton : rapide, grossier et quantitatif. C’est comme ça que les animaux en stress mangent. Il faut manger vite, vite, vite avant que la nourriture soit volée par d’autres.
Le contraire, c’est le gourmet : qui va prendre le temps de déguster, délicat et attentif aux saveurs et arômes, cherchant surtout le qualitatif. C’est comme ça qu’une personne tranquille et heureuse, savoure un plat exquis ou un vin précieux.
Pourquoi c’est intéressant de savoir tout ça ? Parce qu’il ne s’agit plus d’expliquer à votre amant ce que vous voulez mais de l’aider à surmonter ses peurs. La difficulté n’est pas la compétence, il l’a déjà. Son défi, c’est la gestion du stress. C’est exactement comme les bonnes formations en prise de parole en public. Il y a plusieurs années, j’ai été formateur en prise de parole en public dans le plus cabinet international, des formations haut de gamme à 1000 euros/jour.
Notre travail était seulement 10% sur les stratégies de communication et 90% sur aider les participants à prendre plus confiance en leur capacité, y compris des directeurs de structures de 5000 salariés.
Beaucoup de femmes avec qui je me suis entretenu se plaignent que leur amant n’était pas assez sensible. Elles leur ont déjà demandé ce qu’elles voulaient mais ils restaient dans leur schéma de préliminaire rapide, coït et jouissance. Demander à un amant non sensible d’être attentif, à l’écoute, attentionné c’est comme demander à quelqu’un de parler en public pour la première simplement en lui disant seulement “Bon, tu sais parler à 2 personnes, maintenant fais la même chose devant 50 personnes.” Il y a peu de chance que ça marche.
Mais il ne faut pas abandonner.
Voici déjà deux conseils :
1/ Assumez votre rôle d’initiatrice.
Nombre de femmes sont lassées d’avoir des amants non sensibles, fatiguées de devoir toujours prendre des initiatives dans ce domaine. Voici ma réponse. Alors, ce qui s’est passé avec les amants d’avant n’est pas de la faute de votre partenaire actuel. Ensuite, si vous lui demandez des efforts pour changer sa sexualité, alors qu’il est en stress, et que vous ne voulez pas faire d’efforts pour l’accompagner, c’est que vous êtes vraiment très optimiste. Donc assumez le rôle d’initiatrice.
Faites le premier pas, les premiers pas pour faire évoluer la sexualité dans le couple. Oui, cela va prendre du temps et de l’énergie. La bonne nouvelle, c’est qu’une fois que votre partenaire aura dépassé la barrière de son stress, cela pourra aller très vite. C’est comme marcher sur le feu, faire un jeun de 6 jours ou nager sans bouée, le plus dur c’est la première fois. Après, ça va tout seul.
2/ Ne pas faire de demandes mais partager vos envies.
Une demande est autoritaire. Même si vous prenez des précautions linguistiques. Rappelez-vous que votre chéri est en stress. Il est en stress. Donc s’il y a une chance qu’il prenne mal votre demande, il la prendra mal. En lui faisant une demande, vous le placez dans une alternative : soit vous contenter, soit vous décevoir. Vous voyez la pression ? Et la pression sur un stress, c’est loin d’être optimal pour votre chéri. En lui partageant une envie, vous vous livrez. Vous dévoilez une partie de vous-même. Vous augmentez l’intimité entre vous.
Et développer l’intimité entre vous. C’est ce qui va rendre votre sexualité de plus en plus sensible. Alors oui, c’est difficile. Oui, ça fait peur. Mais il n’y a pas d’autre solution. Une précision, ce n’est pas parce que vous dites “J’ai envie de ceci” que vous avez exprimé une envie. Souvent, c’est simplement une tournure pour atténuer l’aspect de la demande. Comment différencier une demande formulée comme envie et une vraie demande ? C’est votre capacité à recevoir son “non”.
Si, intérieurement, vous lui autorisez un non, que vous pouvez rester tranquille avec le fait que ce n’est pas son envie sans partir dans votre cinéma intérieur de jugements, de critiques et autocritiques, c’est qu’il s’agit bien d’une envie.