La mélancolie après l’amour : deux raisons possibles la dysphorie post-coïtale
La dysphorie post-coïtale, le “sex-blues”, est un puissant sentiment de mélancolie, une irritabilité ou des sanglots et survient entre cinq minutes et deux heures après avoir fait l’amour. Cela arrive plus souvent chez les femmes mais aussi chez les hommes. Les scientifiques émettent des hypothèses physiologiques et psychologiques de manières statistiques : combien de personnes, combien de fois, quels profils psychologiques etc.
Pour moi, il faut regarder au niveau individuel, élémentaire au cas par cas. De ce que j’ai observé pour mes partenaires et moi, il y a deux types de mélancolies après le sexe. La mélancolie des petits cailloux et la mélancolie des petites bulles.
La mélancolie des petits cailloux, c’est lorsque j’ai manqué d’authenticité, j’ai manqué de connexion, je n’ai pas partagé certaines pensées, peurs ou désirs. J’ai en quelque sorte utilisé le corps de l’autre pour mon plaisir, ou alors j’ai voulu lui donner du plaisir, tout cela en étant tendu, orienté vers un objectif, un résultat. Même s’il y a de l’amour, même s’il y a du respect, même s’il y a un orgasme. C’était que je n’étais pas vraiment moi. C’était que je n’étais pas vraiment avec l’autre non plus. J’ai fait l’amour avec un masque.
J’ai accepté que ma partenaire porte un masque. Nous avons un peu fait semblant l’un et l’autre. Evidemment, sur le moment, je ne le savais pas. Je ne voyais pas mon manque d’authenticité, d’honnêteté et de partage. Il y avait un déni. Au final, un sentiment de dégoût de soi, d’avoir abusé l’autre, d’avoir été abusé, d’avoir fait semblant à plusieurs moments … et j’avais l’impression d’être un petit caillou qui coule, coule, coule au fond du lac pour me perdre.
La mélancolie des bulles, c’est une mélancolie aussi mais c’est complètement le contraire. Nous avons fait l’amour en étant authentique, en partageant nos peurs, nos désirs, nos pensées érotiques ou loufoques. Il n’y avait pas d’objectif sinon que celui de profiter du moment avec l’autre, du temps qui passe en sa présence, avec son coeur, son corps, son sexe, son âme. Il peut ne pas y avoir d’orgasme, cela n’importe. C’est la joie qui est là, présente. C’est le sentiment de vraiment se sentir aimé, accueilli et honoré.
Un moment de pure présence et d’ouverture du cœur. Une ouverture telle qui amenuise les défenses. Alors ce qui a été refoulé il y a 5 ans, 10 ans voire 20 ans peut remonter à la surface. Des traumas, des abus physiques ou psychologiques, réels ou imaginaires peuvent enfin être accueillis dans la conscience. Ce n’est pas agréable. On peut pleurer. On peut crier. On peut se mettre en boule. Mais ça fait partie du processus de deuil. C’est nécessaire à la libération ou plutôt à l’intégration.
C’est une bulle enfermée dans le fond du lac qui remonte petit à petit ou des fois rapidement à la surface et qui laissera quelque temps après notre cœur plus ouvert, notre corps plus léger et notre âme grandie.
Est-ce besoin de le rappeler, tout ce que je partage est un point de vue personnel et subjectif complètement assumé. Je ne me réfère pas aux études psychologiques, physiologiques sur la sexualité. Cela a de la valeur bien sûr et vous pouvez en trouver de bons articles. Ce que je propose ici, c’est de partager mon vécu, mon intimité. Ce n’est pas tant que ma vie et mes expériences soient passionnantes mais pour moi ce qui importe le plus dans la sexualité heureuse c’est l’intimité. Pour vivre cette intimité, il faut enlever son masque.
Ici, j’enlève mon masque pour vous montrer l’exemple, vous dire que c’est possible, que c’est utile et même indispensable à une sexualité profonde.