La fin n’est pas le moyen
Une vérité simple qui a aidé de nombreuses personnes que j’ai accompagnées c’est qu’il ne faut pas confondre le moyen et l’objectif, la finalité. Je l’ai découverte dans “Conversation avec Dieu”. L’auteur dit qu’il y a une erreur d’interprétation sur les péchés. Quand Dieu dit “Tu ne tueras point”, cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas tuer pour aller au paradis mais que lorsqu’on est au paradis, on ne tuera pas ou plutôt on ne tuera plus. Cela a été une révélation pour moi.
Il est certain que quand on est tranquille, apaisé, on a une sexualité plus calme, détendue, en présence, qui n’exclut pas une intensité physique pouvant s’exprimer par un côté sauvage ou violent, les expériences sexuelles ont tendance à s’espacer. C’est comme une nourriture saine, riche en nutriments qui nous nourrit en profondeur, il y a alors moins de compulsion alimentaire. Les gens se goinfrent de chips, sodas, gâteaux, charcuterie et non de légumes crus ou graines germées.
La tranquillité réduit et espace les expériences et besoin sexuels. Ce n’est pas en réduisant l’activité sexuelle qu’on gagne en tranquillité.
Si pour l’instant vous ou votre partenaire vivez une sexualité qui ne correspond pas à votre aspiration, ne vous jugez pas. Ne vous forcez rien. Cela viendra avec le temps, vous allez évoluer, mûrir, vous apaiser et développer la sensibilité, la présence et la légèreté. Les expériences d’abstinence sexuelle, alimentaire, de paroles (je les ai expérimentées) ou autres peuvent être très bénéfiques parce que nous pouvons découvrir beaucoup de choses sur nous-mêmes. Mais il n’y a aucun mérite profond à cela.
Donc essayez ce qui vous intéresse, ce qui suscite votre curiosité. Mais ne vous évertuez pas à être meilleur que la personne que vous êtes aujourd’hui. Eckhart Tolle (Le pouvoir du moment présent), Neale Donald Walsch (Conversation avec Dieu) ont eu leur révélation au bord du désespoir et du suicide, Byron Katie, dont je pratique la méthode régulièrement, a eu sa révélation après plusieurs jours d’internement dans un centre psychatrique. Alors ne pas culpabiliser, ne pas juger ce qui arrive. Ni soi-même, ni son partenaire.
Cela fait partie du chemin de notre évolution. Ne pas trop se forcer, sinon on rajoute de la violence à l’agitation. Ce qui augmentera inévitablement l’agitation.
Donc quand quelqu’un me dit qu’il faut faire ceci ou cela de manière régulière pour atteindre une sexualité épanouie, je ne le crois pas. Je m’en méfie énormément. Dans le shivaïsme du Cachemire, il est dit que la tranquillité atteinte, on n’agit plus POUR quelque chose mais on agit PAR quelque chose. La discipline n’est pas un moyen pour l’excellence, c’est l’excellence qui s’exprime par la discipline. Même si au début, bien évidemment il faut se forcer un peu pour découvrir un sujet non familier. Mais pas se torturer.
Concernant la sexualité, certains courants spirituels ou philosophiques prônent l’abstinence, la rétention de l’éjaculation pour les hommes ou autres restrictions. Honnêtement, je vous invite à les expérimenter une ou plusieurs fois pour découvrir leurs effets. Mais en faire une discipline serait une erreur parce que c’est introduire inexorablement de la violence psychologique là où vous cherchez de la tranquillité.
Je ne dis jamais qu’il faut faire tel ou tel exercice pour réussir à atteindre une Sexualité Sensible. Ce que je propose ce sont des pratiques qui m’ont fait découvrir des choses magnifiques, inattendues et qui ont été importantes dans mon évolution et que j’ai envie de partager.