Il n’y a pas insatisfaction sexuelle

L’insatisfaction sexuelle est une illusion. Une erreur d’interprétation du ressenti.

Pendant des années, je croyais à l’épanouissement sexuel. Je croyais que ressentir des orgasmes intenses, expérimenter de nouvelles pratiques, exécuter différentes positions allaient me faire ressentir la pleine satisfaction dans la sexualité, la plénitude complète que je cherchais.

Il y a tellement de livres, de stages, de formations qui promettent des jouissances explosives ou expliquent comment atteindre l’orgasme, rendre folle son amant, maîtriser l’art des caresses, faire jouir sa partenaire. Sans compter les guides sur différentes pratiques sexuelles et les films avec des scènes où l’excitation explose comme des volcans.

Tout cela avait tendance à me culpabiliser, me complexer et développer le sentiment que je n’étais pas assez bien pour vivre une sexualité épanouie, j’avais besoin de connaissances pour améliorer ma vie sexuelle.

Je me suis cherché dans la sexualité. C’était une erreur indispensable. C’était une erreur parce qu’on ne se trouve pas dans la sexualité. On n’enlève pas sa frustration sexuelle dans la sexualité. On ne devient pas plus heureux avec une sexualité plus riche même avec de grands pics de plaisir (mais il faut les avoir atteints pour le savoir). C’était indispensable parce que le niveau d’insatisfaction dans la sexualité est un excellent indicateur de mon état d’insatisfaction par rapport à la vie.

Zig Ziglar, dans “Rendez-vous au sommet”, disait qu’il faut faire tout son possible, mettre tout son cœur pour atteindre son objectif le plus élevé. Parce qu’une fois qu’on a atteint cet objectif, on découvrira deux choses. Premièrement, l’objectif ne vaut pas grande chose et que ça n’apporte pas du tout le bonheur espéré. Deuxièmement, ce qui a de la valeur c’est à quel point on a changé, évolué pour atteindre cet objectif.

Pendant longtemps, je voulais une sexualité légère, intense, libre, intime, authentique. Mais il n’y a pas de sexualité légère, libre, intime ni authentique. Même si je le formule souvent comme ça. J’ai découvert que la sexualité n’est que l’expression de moi-même. Ce qui est vrai c’est que je n’étais pas léger dans l’expérience sexuelle. Je n’étais pas assez présent pour sentir l’intensité du moment. Je n’avais pas le courage d’être libre et authentique avec ma partenaire.

J’étais trop dans la recherche du plaisir pour soigner mon mal-être pour être intime avec mon amante. En réalité, ce que je cherchais sans me l’avouer c’était de me sentir plus léger, plus libre, plus authentique, plus intime avec ma partenaire. Il s’agit toujours que de moi. Mais si quelqu’un m’avait dit qu’il ne fallait pas chercher à améliorer sa sexualité mais soi-même, franchement je lui aurais rigolé au nez. J’étais idiot. Plus exactement j’étais simplement ignorant.

Ici, je prends le risque de dire la vérité parce que si vous lisez un texte comme celui-ci plutôt qu’un blog du type “Comment réussir à faire jouir à chaque fois” c’est que vous êtes bien plus avancé que je ne l’étais.

Ce que j’ai appelé insatisfaction sexuelle est en réalité mon insatisfaction de ne pas avoir exprimé complètement qui j’étais. De ne pas avoir donné tout mon être à ma partenaire. Ca fait bizarre de le reconnaître mais quand on se sent frustré après une expérience sexuelle, ce n’est pas parce qu’on n’a pas assez reçu, mais au contraire, parce qu’on a pas assez donné. On n’a pas tout donné de soi. On n’a pas assez aimé. On n’a pas pu aimé de tout son amour. Ce qui compte, c’est ce que je ressens une demi-heure après l’expérience.

Même avec des orgasmes extraordinaires avec beaucoup de plaisir, je peux ressentir une mélancolie, une déprime après. Et inversement, sans orgasme, sans jouissance, je peux me sentir comblé et nourri profondément. Quand j’ai suffisamment donné, je me sens nourri, en paix. Je sens une grande quiétude, une tranquillité vaste qui me porte.

La sexualité étant un domaine avec des tabous, des interdits, des traumas, des frustrations, des besoins physiologiques, des besoins psychologiques et beaucoup de publicité se révèle être un lieu où mon manque de légèreté, de liberté, d’authenticité et d’intimité se voient le plus. Quand un médecin traditionnel chinois prend le pouls au poignet, ce n’est pas parce que le poignet est malade mais parce que le poignet est relié à tous les organes à la fois.

La sexualité était à mon mal-être ce que le poul est à la santé du corps : Un excellent outil de diagnostic.

Alors mes amis, continuez à chercher une sexualité heureuse. Un bon focus améliore l’efficacité de la démarche. Cependant je vous invite à vous demander si ce que vous voulez réellement ce n’est pas d’être simplement heureux et que cela s’exprime dans la sexualité.