Des hommes fuyants, des femmes paranoïaques

Evidemment la plupart des hommes ne sont pas fuyants, et la majorité des femmes ne sont pas paranoïaques. Je décris ici quelques personnes que je connais dont ces comportements arrivent de temps en temps.

Je répète qu’il s’agit que de certains hommes et de certaines femmes. Pas de généralité mais je ne peux mettre “certains” et “certaines” à chaque fois. Merci pour votre compréhension.

1/ La femme a peur.

La pensée plus ou moins inconsciente qui l’angoisse c’est : “Je ne peux pas être aimée“

Cela se traduit par la pensée plus ou moins consciente : ”Il ne m’aime pas”. Parfois, à la place d’aimer c’est respecter, considérer ou donner de l’importance.

La tendance : interpréter ce que dit, fait, ne dit pas ou ne fait pas son partenaire comme preuve de la pensée “Il ne m’aime pas”.

La réponse à cette peur : communiquer, chercher à comprendre, poser des questions, donner des conseils.

Une piste à explorer pour cette femme : arrêter de se centrer sur elle et s’intéresser à son partenaire. En étant curieuse à l’intérieure mais pas forcément sur l’extérieur. Quand une entomologiste étudie les fourmis, elle ne pose pas des tas de questions. Elle ne va pas interagir avec les fourmis en faisant sans arrêts des expériences comme mettre un sucre, boucher la fourmilière ou je ne sais pas quoi encore. Elle reste tranquille, elle les observe de loin avec les yeux mais de près avec son cœur.

Quand elle pense les avoir assez bien compris, de temps en temps, elle tente une petite expérience pour vérifier son hypothèse.

2/ L’homme a peur.

La pensée plus ou moins inconsciente qui l’angoisse c’est : “Je ne peux pas être aimé“

Cela se traduit par la pensée plus ou moins consciente : ”Je ne suis pas à la hauteur”. Parfois, à la place c’est de ne pas être assez bien, assez fort, assez solide.

La tendance : interpréter ce que dit, fait, ne dit pas ou ne fait pas sa partenaire comme preuve de la pensée “Je ne suis pas à la hauteur”.

La réponse à cette peur : s’isoler, éviter le dialogue et la confrontation, des réponses évasives et minimales.

Une piste à explorer pour cet homme : arrêter de se centrer sur lui-même et s’intéresser à sa partenaire. La vérité n’est pas toujours facile à dire mais elle est nécessaire pour l’évolution. Le déni, ne pas reconnaître la vérité, ce qui revient un peu à ne pas le dire à l’autre, est la première des cinq phases du deuil énoncées par Elisabeth Kübler-Ross. Tant qu’on reste dans cette phase, on évite la colère et la tristesse des phases suivantes. C’est vrai. Mais on n’évolue pas et on reste figé dans la situation problématique.

Parfois, il faut désinfecter la plaie et la nettoyer pour qu’elle ne s’infecte pas. Ça fait mal sur le coup mais ça évite l’infection après.

Ces pistes peuvent aider à mieux gérer la situation. Et il y a une ultra-solution commune vraiment efficace même si elle peut être plus difficile à réaliser. Si j’avais un homme fuyant ou une femme paranoïaque devant moi, je lui dirais quelque chose comme ceci :

Premièrement, tu n’es pas mieux que les autres. Pendant des siècles, les gens ont cru que la terre était plate. Ils en étaient convaincus, persuadés, c’était pour eux une vérité absolue et indiscutable. Ils s’étaient trompés. Donc, la prochaine fois que tu me dis que tu es persuadé de quelque chose à 100%, je te répondrai “Peut-être que tu te trompes comme ceux qui croyaient que la terre était plate”.

Ensuite, tu crois ou tu es persuadé que tu n’es pas digne d’amour. Que telle que tu es il ne t’aime pas, tel que tu es elle ne te trouve pas à la hauteur. En fait, tu es en train de projeter tes propres pensées. C’est toi qui ne te trouve pas à la hauteur. C’est toi qui ne t’aime pas. Pour être plus exact, ce n’est pas toi mais le regard emprunté des autres sur toi. C’est le regard des autres, le jugement des autres sur toi qui trouvent que tu n’es pas assez bien, pas assez digne d’amour.

Parce qu’au fond de toi-même, quand tu mets de côté ce que t’ont dit tes parents, la société, l’église, la morale, tu sais bien que tu es digne d’amour, digne d’être aimé. Tu sais bien que tu as fait de ton mieux à chaque instant de ta vie. Sans le jugement des autres, sans ton jugement emprunté aux autres, tu sais bien que tu as fait comme tu pouvais, avec ce qui était là.

Avec un regard sincère sur toi-même, tu te prendrais dans le bras, dans le cœur et tu te dirais combien tu as été courageux malgré tout, combien tu es fier de ce que tu as réussi à traverser, combien ton cœur veut être grand ouvert.

Les grecs de l’antiquité savaient que la terre n’était pas plate par cette seule observation. Quand on voyait un bateau à l’horizon, on voyait d’abord le haut du mât puis le reste du bateau. Si la terre était plate, on devrait voir apparaître tout le bateau en entier.

L’observation que tu peux faire de toi c’est celle de la logique. Soit tu n’es pas digne d’être aimé alors ça ne sert à rien de chercher à l’être. Tu es fou ou folle. Soit tu es digne d’être aimé et ça veut dire qu’au fond de toi tu sais que tu es digne d’être aimé. Parce qu’au fond de toi tu t’aimes déjà. Mais tu ne le sais pas. Comme les gens ne savaient pas que la terre était ronde. Ne pas savoir que la Terre est ronde n’empêche pas à la Terre d’être ronde. De même, ne pas savoir que tu t’aimes ne t’empêche pas de t’aimer déjà.

A partir du moment qu’ils ont su qu’elle était ronde, des gens se sont mis à l’explorer et ont découvert l’Amérique. La réalité c’est que la Terre a toujours été ronde, c’est seulement notre regard qui a changé et avec un regard plus juste, on a découvert l’Amérique.

La vérité c’est que tu t’es toujours aimé profondément sans le savoir, c’est seulement ton regard qui est à changer et avec un regard plus juste, tu découvriras peut-être ton Amérique.